Du bon usage des étoiles

En 1845, deux navires quittent l’empire britannique. Leur mission : trouver un passage vers l’Asie en passant par l’Arctique, soit le fameux « passage du Nord-Ouest ». Le commandant se nomme John Franklin et c’est un habitué des grandes expéditions. Il a a été choisi pour mener l’équipage en raison de sa grande expérience, malgré son âge avancé (il venait d’atteindre la soixantaine lors du départ)… 

Jusque-là, nous sommes dans les faits. Le roman Du bon usage des étoiles, écrit par Dominique Fortier, relève de la fiction. Toutefois, il fait de cette expédition sa trame de fond.

Lorsque j’ai commencé à lire le livre, je ne savais pas que l’expédition qui y était décrite avait bel et bien eu lieu. Je trouvais que l’histoire était fascinante et que toutes les phrases du roman étaient joliment tournées (malgré quelques anglicismes épars). Je pouvais comprendre qu’un projet de film soit en cours d’adaptation (Jean-Marc Vallée tient les rênes de l’entreprise).

En ce qui concerne le roman, donc, ça se lit d’un trait, on veut savoir ce qui arrive à l’équipage, on apprécie être plongés dans « la haute » de la société victorienne. C’est un peu comme observer des gens du XIXe siècle à travers le trou d’une serrure…

Quand j’ai compris que le voyage vers l’Arctique était une histoire réelle, je suis devenue un peu obsédée par cette tranche d’histoire. J’ai cherché des documentaires, des livres relatant ce que l’on sait être arrivé, etc. Je suis donc très reconnaissante à ce roman de m’avoir fait connaître cette histoire oubliée (par moi, en tout cas)!

Qualité de l’écriture : 4/5
Qualité de l’histoire : 4,5/5

Je vous recommande la lecture du livre, suivie du documentaire. Cependant, si vous voulez absolument connaître l’histoire tout de suite, voici quelques liens :

Page Wikipédia sur l’expédition;

Documentaire sur l’expédition.

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

Source : Actes Sud

Ce roman relate l’histoire du passage de Michel-Ange à Constantinople, en 1506 (son passage là-bas est un fait réel). Le sultan Bajazet lui avait demandé de venir dans sa ville afin de construire un pont sur la Corne d’Or.

Ce court roman, particulièrement bien écrit, nous plonge dans l’esprit de la création. On peut facilement imaginer la vie dans l’empire ottoman, à cette époque. La grande connaissance du sujet, mais surtout l’intérêt de l’auteur y est bien entendu pour quelque chose. On peut presque lire sa fascination entre lignes. Sa prose regorge de détails qui nous plongent dans l’Histoire (les odeurs et les épices, l’architecture, entre autres). Aussitôt le livre refermé, on a envie de voyager dans ce coin de planète, ou à tout le moins de visiter un musée dans un avenir proche.

L’élément le plus intéressant de cette histoire, toutefois, c’est le partage entre la réalité et la fiction. On finit par apprendre ce qui est exact à la toute fin de l’ouvrage, mais pendant toute notre lecture, on peut se questionner, à savoir ce qui constitue l’Histoire et ce qui est pure invention. Même si on n’en avait pas confirmation à la fin, tout compte fait, ce ne serait pas bien grave. Parce qu’inventer une vie à des personnages, au fond, c’est l’une des grandes créations humaines. Et lire ces créations, c’est l’un des grands plaisirs humains.