Je voudrais qu’on m’efface

Source : Hurtubise

 

D’entrée de jeu, je dois bien admettre qu’Anaïs Barbeau-Lavalette est une de ces artistes que j’admire profondément. Elle n’a pas peur de mettre le doigt sur ce qui fait mal et de le montrer. Dans cette société où rien n’est plus valorisé que le succès, sur tous les plans (financier, professionnel, amoureux, familial), on relègue constamment ceux qui en arrachent au rang des oubliés. En ne s’y intéressant pas. « Bien trop déprimant », pensons-nous trop souvent. Pourtant, je vois mal comment on pourrait améliorer les choses dont nous sommes, volontairement ou non, foncièrement inconscients.

La force de ce premier roman, à mon sens, c’est de mettre en lumière la vie de centaines d’enfants pour lesquels la vie ressemble à ce qui est raconté dans le livre. Parce que même si, ici, il s’agit d’un ouvrage de fiction, on sait que des histoires comme ça, il y en a. À la pelle. S’en rendre compte devrait être considéré comme un devoir et non comme un loisir.  

Au point de vue de la création, le premier roman d’Anaïs Barbeau-Lavalette peut être considéré comme une oeuvre parallèle au film Le ring, qu’elle avait également réalisé. Ici aussi, l’arrière plan est Hochelaga-Maisonneuve, quartier chaud s’il en est un. L’auteure braque son projecteur sur des pré-adolescents qui se débattent afin de sortir de leur misère, noire foncée pour les unes, grise pour les autres. 

On a ainsi droit à un chassé-croisé où se côtoient des enfants tout ce qu’il y a de plus écorchés vifs. Leur détresse ne se situe pas au même niveau, mais les trois enfants la ressentent profondément. Ça se lit d’une traite, un peu comme un scénario je crois. C’est beau et ça fait mal. Très poignant.

Personnellement, je ferais de ce roman une lecture obligatoire pour toutes les écoles secondaires privées du Québec. Mais ça c’est juste moi…

Résumé (spoiler alert!) : Du haut de ses douze ans, l’une essaie tant bien que mal (surtout mal, mais comment pourrait-il en être autrement?) de s’occuper de ses deux frères, parce que sa mère, prostituée, n’a plus le droit de les approcher. Lorsque le beau-père claque la porte, elle devient la matriarche et décide d’agir comme telle. Une autre éraflée se réfugie dans les livres et la musique pendant que sa mère, alcoolique, se fait battre par son beau-père. Finalement, un garçon apprend à la dure qu’on ne gagne pas toujours, même si on le désire très fort.

Publicités

The Hunger Games : the next big thing

C’était sur ma liste de choses à lire depuis plus d’un an. Mais là, le film s’en vient (en 2012), Gary Ross sera le réalisateur, Jennifer Lawrence a été choisie pour tenir le rôle principal… autant lire le livre maintenant plutôt que d’attendre d’être assaillie par le battage médiatique entourant le film! Et préparez-vous d’avance, c’est la prochaine trilogie cinématographique visant les ados. Reste à voir à quel point il obtiendra du succès, mais on peut s’attendre à une campagne publicitaire d’enfer, ça c’est certain.

Source : Amazon

Ce que ça raconte : dans une Amérique du Nord ravagée par la guerre, les États-Unis ont été divisés en 12 « districts » dirigés par un gouvernement oppressif (the Capitol), dans un État appelé Panem. Chaque année, le Capitol organise ce qu’il appelle les Hunger Games, dans le cadre desquels deux jeunes de chaque district sont « sacrifiés » et doivent s’entretuer pour survivre, le tout étant télévisé et, bien sûr, une écoute obligatoire pour tous les citoyens. Le but inavoué de tout ce carnage est évidemment de s’assurer que tout le monde se souvienne toujours que c’est le Capitol qui décide de tout et qu’il faut lui obéir, comme un animal à son maître.

J’ai apprécié la personnage principale, qui est débrouillarde, indépendante, intelligente et intéressante. J’aimerais mille fois mieux que ma fille ado ait Katniss Everdeen comme modèle plutôt que d’autres jeunes héroïnes rose bonbon. Seule, elle s’occupe de la survie de sa mère et de sa soeur en plus de la sienne, dans un monde gris et cruel. C’est que, voyez-vous, chaque district est responsable de la production de choses essentielles pour les gens de Panem. Le district 12, celui de Katniss, s’occupe du charbon. Son père est d’ailleurs mort à la mine, dans un des accidents de travail qui secouent régulièrement le district. Comme presque tous les habitants sont affamés quotidiennement, Katniss a appris à chasser dans le bois, situé juste à l’extérieur du district 12. Et elle a du talent! Grâce à ce passe-temps, elle arrive à faire du troc avec les commerçants du quartier, ce qui lui permet de mieux nourrir sa famille.

C’est certain qu’il y a des faiblesses dans le roman, aussi. Étant donné que le récit est plutôt prévisible, j’avais parfois envie de sauter quelques pages. Je ne peux pas dire non plus que j’avais toujours envie de dévorer le livre, parfois j’avais hâte que le tout aboutisse. Néanmoins, la force du message est indéniable. Et j’étais très, très curieuse de voir jusqu’où irait l’auteure dans l’histoire. De plus, pour ce genre de livre, je trouve la fin (du premier tome, en tout cas) très satisfaisante.

Comme il s’agit d’un roman très « cinématographique », le film a énormément de potentiel. On s’en reparle en 2012!

Page imdb du film

Page Web de l’éditeur