In a better world

Au coeur de In a better world, on retrouve essentiellement le même thème que dans le film Incendies, soit le cercle infernal de la violence, qui n’engendre que la violence. Par contre, le sujet est traité à différents niveaux dans ce film-ci. La violence dans la cour d’école, la violence entre adultes, la violence avec un grand V, dans un pays sans nom où il y a des camps de réfugiés et des militaires sanguinaires… la violence, donc, mais aussi (et surtout, peut-être), la vengeance. Avec un V majuscule.

Un élément intéressant du film, qui nous suit tout au long du visionnement et bien après, c’est de se demander quelle peut bien être la motivation de ses personnages qui se montrent si violents envers les autres. La profonde tristesse, la détresse? En partie, oui, assurément. Mais au-delà de ça? J’y pense depuis hier et je ne trouve pas de bonne réponse.

Autrement, le message passe très bien, il y a beaucoup de scènes touchantes dans le film. La photo est superbe… on en ressort avec l’envie de faire un petit arrêt au Danemark. Cependant, il y a aussi pas mal de longueurs (cette production dure environ deux heures et demie).

Pour en revenir à la comparaison avec Incendies, je trouve que ce dernier était mieux ficelé, plus passionnant. Toutefois, force est d’admettre que le dénouement du scénario de Mouawad est peut-être un peu moins réaliste… possible, mais un peu moins terre à terre.

Lequel récompenser, alors? J’aurais été bien embêtée. Peut-être que, comme les membres votants de l’Académie, je me serais dit que Susanne Bier n’en était pas à sa première nomination et que Denis Villeneuve est un jeune cinéaste talentueux…

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Incendies, ou, pourquoi il ne faut jamais commencer par la variable inconnue

J’ai attendu bien longtemps avant de voir le film Incendies de Denis Villeneuve. On ne m’en avait dit que du bien, donc, logiquement, j’aurais facilement pu être déçue. Et pourtant, il n’en est rien. Rien du tout.

Ce film me fait penser à une question qui pourrait faire partie du jeu Black Stories, dans le sens où c’est une longue énigme qui se découd sous nos yeux. Évidemment, le scénario d’Incendies est beaucoup, beaucoup plus profond qu’une simple énigme de jeu. C’est une quête épique. Contemporaine. Métaphorique, à bien des niveaux. Mais spectaculaire.

Dès la première minute, je me suis sentie happée par le récit. Par le besoin de savoir, de comprendre. Les deux heures qu’ont duré le film m’ont semblé bien courtes. Parce que Denis Villeneuve sait raconter des histoires, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais aussi parce que les images sont belles, si belles… et si effrayantes, par moments. Il y a de nombreux éléments qui peuvent nous intéresser au film : la recherche d’identité, la guerre et ses effets, la transposition de la pièce à l’écran, la ressemblance entre le Liban et le pays inventé présenté dans le film… au bout du compte, ce qui nous amène importe peu. C’est ce qu’on en retire qui demeurera avec nous après le visionnement. Je ne peux pas parler pour les autres, mais je retirerai de ce film le sentiment qu’il ne faut jamais oublier de regarder les diverses facettes d’une même médaille, d’une même situation. Une lumière différente change tout l’éclairage… c’est peu, mais c’est énorme en même temps. Et c’est si facile à oublier, par moments.

La chronique Quelque chose comme un grand film (Marc Cassivi et moi sommes parfaitement d’accords!)  

La bande-annonce d’Incendies