Monsieur Lazhar : du LypSyl® en images

Parfois, il y a des films qui viennent mettre un baume sur nos coeurs. Monsieur Lazhar, dans mon cas, a très certainement été de ceux-là.

Loin d’être un feel-good movie, le long-métrage commence assez abruptement, alors qu’une enseignante de 6e année choisit de s’enlever la vie. Après ce naufrage, les vagues se feront ressentir dans toute l’école, mais (évidemment) particulièrement auprès de ses élèves. Un nouvel enseignant, le M. Lazhar en question, prendra les élèves sous son aile afin de leur enseigner la matière de leur année, oui, mais il tente aussi de les guider dans une période un peu traumatique de leur vie.

Ce qui fait le charme du scénario, c’est tous les petits moments de tendresse entre plein de personnages. Évidemment, ça reste un film de fiction, mais on se doute bien qu’il y en a, dans la vraie vie, des moments sincères de respect et d’appui entre des personnes tels que ceux qui sont dessinés dans le film. Les écoles primaires doivent d’ailleurs regorger de ce genre de moments.

La direction d’acteurs est très réussie, particulièrement celle des jeunes, qui sont tous crédibles dans leurs rôles. L’adaptation de la pièce Bashir Lazhar en scénario de film est très bien réussi. Philippe Falardeau s’impose de plus en plus comme un de nos meilleurs cinéastes. Même si le film ne manque pas de scènes tristes, il nous rappelle que l’homme est parfois capable du meilleur, pas seulement du pire. Et ça, on ne peut pas le rappeler assez souvent.

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Le meilleur et le pire de la télé, Vol. 1

Chaque rentrée télévisuelle amène son lot d’émissions, tant réjouissantes que décourageantes. Cet automne encore, aux États-Unis, des dizaines de nouvelles séries se sont pointées sur les téléviseurs. J’ai donc décidé de vous présenter celles qui représentent ce qui s’est fait de mieux, à mon avis (et dans celles sur lesquelles j’ai pu jeter un oeil), de même que ce qui s’est fait de pas mal pire…

LE MEILLEUR DE LA TÉLÉ

Homeland

Carrie Matheson (Claire Danes) est une agente de la CIA déployée en Irak. Juste avant qu’elle ne quitte le pays, on lui dit qu’un soldat américain emprisonné est devenu pro-terrorisme. Carrie retourne chez elle et, surprise!, juste après son retour, un soldat américain, prisonnier depuis 8 ans, est soudainement libéré. Carrie soupçonne donc qu’il s’agit du fameux traître. Dès lors, elle s’appliquera à prouver sa culpabilité.

Ce qui est génial avec Homeland, c’est la démonstration des zones grises présentes dans le comportement humain. Entre autres parce que Carrie, en plus d’être une agente secrète, est bipolaire. Elle n’est donc pas toujours stable, elle agit parfois de façon discutable, voire carrément non-éthique. Il faut également spécifier que l’histoire est très bien menée : du premier au dernier épisode, on est tenu en haleine et on se questionne pas mal. Qui est le fameux soldat qui a changé son fusil d’épaule (je sais, je sais…)? Ce soldat a-t-il vraiment tort ou ne fait-il que réagir comme nous l’aurions tous fait? Carrie sombrera-t-elle dans la folie? Qui a tué le colonel Moutarde? Bref, vous voyez le genre. Une seconde saison verra le jour l’an prochain.

American Horror Story

Cette série provient de la chaîne spécialisée FX. Et elle a beau être publicisée comme étant «le nouveau projet du créateur de Glee», ça n’a franchement rien (mais vraiment rien) à voir.

Dans American Horror Story, un couple et leur adolescente de fille quittent Boston pour s’installer à Los Angeles. En effet, ils souhaitent repartir à zéro après une infidélité du mari. Le problème : leur nouvelle demeure est hantée. Et pas à peu près. Dès le premier épisode et tout au long de la série, on nous présente une kyrielle de personnages épeurants, tous plus étranges les uns que les autres.

Violet, l’ado, s’amourache d’un jeune psycho-killer en devenir (Psycho-killer, qu’est-ce que c’est? tan tan tan tan…). La mère rencontre vite sa voisine désaxée, dont la fille trisomique fait de très soudaines et fréquentes apparitions dans la maison. La bonne est soit vieille, soit jeune, sexy et sexuellement harcelante, selon le changement d’interlocuteur. Le papa psychologue a une clientèle qu’il a bien de la difficulté à aider (et sincèrement, qu’y a-t-il de plus horrifiant qu’un psy dépourvu de toute empathie, je vous le demande?) et un homme de caoutchouc rôde autour (et parfois dans) la maison.

Au fil des épisodes, on nous présente également les précédents habitants de la résidence Harmon. Je sais que vite de même, ç’a n’a peut-être pas l’air super méga invitant, mais je vous jure, ce l’est. On finit par vouloir comprendre ce qui se passe dans cette maison et on s’attache à certains des personnages.

Autres mentions

Le retour de la comédie grand public avec des filles comme personnages principaux.

Up All Night, New Girl, et Two Broke Girls sont trois nouvelles séries qui sont dans les premières à avoir été renouvelées pour l’an prochain. Leur point commun? Dans chaque sitcom, on retrouve une (ou des) héroÏNE, plutôt forte à part de t’ça. En plus, elles sont toutes diffusées sur des chaînes grand public, contrairement à Sex and the city (HBO).

New Girl

Voir mon billet datant de septembre. En gros, Jess (Zooey Deschanel) est une fille qui se trouve des colocs après une rupture. Elle est parfois ben awkward et dans ses relations avec ses colocs, ce sont les façons de voir les choses gars-filles qui sont confrontées. C’est bien, mais franchement, pas ma nouvelle comédie préférée, finalement. Pour ça, voir Two Broke Girls.

Two Broke Girls

Max (Kat Dennings) est serveuse dans un deli de New York. Elle a peu de sous et encore moins d’estime de soi. Caroline (Beth Behrs), elle, était jusqu’à tout récemment la fille d’un milliardaire américain. Il a été emprisonné pour fraude. Depuis peu, elle est donc sans-abri, sans-amis, sans-famille. C’est Rémi-e, finalement. Elle et Max deviendront copines, elle l’aidera à crisser son chum-abuser dehors et elles feront équipe pour tenter de démarrer leur propre entreprise. En gros, c’est la solidarité féminine à l’oeuvre. Rafraîchissant. Et Max a de ces one-liners, des fois!

Up all night

Reagan (Christina Applegate) et Chris (Will Arnett) sont maintenant parents. Ils s’adaptent à leur nouvelle vie, non sans quelques accrocs. Ce sont des professionnels très occupés. Si occupés que Chris décide de devenir papa à la maison. Il fait très «homme rose» (je dirais même fuschia, des fois), mais les auteurs tentent de lui ramener du mâle une fois de temps en temps.  Ava (Maya Rudolph) est la collègue névrosée de Reagan. C’est le personnage qu’il reste à peaufiner, à mon avis, parce qu’elle peut être drôlement dure à suivre. Autrement, la série est intéressante, on y démontre avec humour à quel point la société occidentale ne facilite pas la vie des familles. Si les auteurs lui donnent un peu plus de mordant après les Fêtes, elle vaudra alors tout à fait le détour.

LE PIRE DE LA TÉLÉ

Charlie’s Angels

(Concepteur X) J’ai une idée. On reprend une série culte des années 1960 et on la refait. On ne change pas les épisodes, ni l’histoire. Juste les actrices pis le linge.

(Producteur X) Oh, wow, ça me tente!

Ils l’ont fait. La série n’a pas fait long feu et c’était une bonne décision du réseau. À une ère où on peut si facilement revoir les émissions originales, sur Internet ou ailleurs, il faut vraiment se creuser les méninges un peu plus que ça pour faire de la bonne télé.