Le meilleur et le pire de la télé, Vol. 1

Chaque rentrée télévisuelle amène son lot d’émissions, tant réjouissantes que décourageantes. Cet automne encore, aux États-Unis, des dizaines de nouvelles séries se sont pointées sur les téléviseurs. J’ai donc décidé de vous présenter celles qui représentent ce qui s’est fait de mieux, à mon avis (et dans celles sur lesquelles j’ai pu jeter un oeil), de même que ce qui s’est fait de pas mal pire…

LE MEILLEUR DE LA TÉLÉ

Homeland

Carrie Matheson (Claire Danes) est une agente de la CIA déployée en Irak. Juste avant qu’elle ne quitte le pays, on lui dit qu’un soldat américain emprisonné est devenu pro-terrorisme. Carrie retourne chez elle et, surprise!, juste après son retour, un soldat américain, prisonnier depuis 8 ans, est soudainement libéré. Carrie soupçonne donc qu’il s’agit du fameux traître. Dès lors, elle s’appliquera à prouver sa culpabilité.

Ce qui est génial avec Homeland, c’est la démonstration des zones grises présentes dans le comportement humain. Entre autres parce que Carrie, en plus d’être une agente secrète, est bipolaire. Elle n’est donc pas toujours stable, elle agit parfois de façon discutable, voire carrément non-éthique. Il faut également spécifier que l’histoire est très bien menée : du premier au dernier épisode, on est tenu en haleine et on se questionne pas mal. Qui est le fameux soldat qui a changé son fusil d’épaule (je sais, je sais…)? Ce soldat a-t-il vraiment tort ou ne fait-il que réagir comme nous l’aurions tous fait? Carrie sombrera-t-elle dans la folie? Qui a tué le colonel Moutarde? Bref, vous voyez le genre. Une seconde saison verra le jour l’an prochain.

American Horror Story

Cette série provient de la chaîne spécialisée FX. Et elle a beau être publicisée comme étant «le nouveau projet du créateur de Glee», ça n’a franchement rien (mais vraiment rien) à voir.

Dans American Horror Story, un couple et leur adolescente de fille quittent Boston pour s’installer à Los Angeles. En effet, ils souhaitent repartir à zéro après une infidélité du mari. Le problème : leur nouvelle demeure est hantée. Et pas à peu près. Dès le premier épisode et tout au long de la série, on nous présente une kyrielle de personnages épeurants, tous plus étranges les uns que les autres.

Violet, l’ado, s’amourache d’un jeune psycho-killer en devenir (Psycho-killer, qu’est-ce que c’est? tan tan tan tan…). La mère rencontre vite sa voisine désaxée, dont la fille trisomique fait de très soudaines et fréquentes apparitions dans la maison. La bonne est soit vieille, soit jeune, sexy et sexuellement harcelante, selon le changement d’interlocuteur. Le papa psychologue a une clientèle qu’il a bien de la difficulté à aider (et sincèrement, qu’y a-t-il de plus horrifiant qu’un psy dépourvu de toute empathie, je vous le demande?) et un homme de caoutchouc rôde autour (et parfois dans) la maison.

Au fil des épisodes, on nous présente également les précédents habitants de la résidence Harmon. Je sais que vite de même, ç’a n’a peut-être pas l’air super méga invitant, mais je vous jure, ce l’est. On finit par vouloir comprendre ce qui se passe dans cette maison et on s’attache à certains des personnages.

Autres mentions

Le retour de la comédie grand public avec des filles comme personnages principaux.

Up All Night, New Girl, et Two Broke Girls sont trois nouvelles séries qui sont dans les premières à avoir été renouvelées pour l’an prochain. Leur point commun? Dans chaque sitcom, on retrouve une (ou des) héroÏNE, plutôt forte à part de t’ça. En plus, elles sont toutes diffusées sur des chaînes grand public, contrairement à Sex and the city (HBO).

New Girl

Voir mon billet datant de septembre. En gros, Jess (Zooey Deschanel) est une fille qui se trouve des colocs après une rupture. Elle est parfois ben awkward et dans ses relations avec ses colocs, ce sont les façons de voir les choses gars-filles qui sont confrontées. C’est bien, mais franchement, pas ma nouvelle comédie préférée, finalement. Pour ça, voir Two Broke Girls.

Two Broke Girls

Max (Kat Dennings) est serveuse dans un deli de New York. Elle a peu de sous et encore moins d’estime de soi. Caroline (Beth Behrs), elle, était jusqu’à tout récemment la fille d’un milliardaire américain. Il a été emprisonné pour fraude. Depuis peu, elle est donc sans-abri, sans-amis, sans-famille. C’est Rémi-e, finalement. Elle et Max deviendront copines, elle l’aidera à crisser son chum-abuser dehors et elles feront équipe pour tenter de démarrer leur propre entreprise. En gros, c’est la solidarité féminine à l’oeuvre. Rafraîchissant. Et Max a de ces one-liners, des fois!

Up all night

Reagan (Christina Applegate) et Chris (Will Arnett) sont maintenant parents. Ils s’adaptent à leur nouvelle vie, non sans quelques accrocs. Ce sont des professionnels très occupés. Si occupés que Chris décide de devenir papa à la maison. Il fait très «homme rose» (je dirais même fuschia, des fois), mais les auteurs tentent de lui ramener du mâle une fois de temps en temps.  Ava (Maya Rudolph) est la collègue névrosée de Reagan. C’est le personnage qu’il reste à peaufiner, à mon avis, parce qu’elle peut être drôlement dure à suivre. Autrement, la série est intéressante, on y démontre avec humour à quel point la société occidentale ne facilite pas la vie des familles. Si les auteurs lui donnent un peu plus de mordant après les Fêtes, elle vaudra alors tout à fait le détour.

LE PIRE DE LA TÉLÉ

Charlie’s Angels

(Concepteur X) J’ai une idée. On reprend une série culte des années 1960 et on la refait. On ne change pas les épisodes, ni l’histoire. Juste les actrices pis le linge.

(Producteur X) Oh, wow, ça me tente!

Ils l’ont fait. La série n’a pas fait long feu et c’était une bonne décision du réseau. À une ère où on peut si facilement revoir les émissions originales, sur Internet ou ailleurs, il faut vraiment se creuser les méninges un peu plus que ça pour faire de la bonne télé.

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New Girl. En deux mots : Zooey Deschanel.

L’émission pilote de New Girl est bien, sans être extraordinaire. Voici le résumé : sans s’y attendre le moindrement, une fille se fait larguer de façon très cavalière. Elle se cherchera donc un endroit où vivre et aboutira, vous vous en doutez si vous voyez la photo, dans un appartement peuplé de trois gars. Je doute qu’on puisse être complètement accro après cette vingtaine de minutes. Toutefois, de nombreux points forts me poussent à croire qu’une fois son plein potentiel atteint, cette émission pourrait être géniale. Les voici :

♥ Zooey (of course). Cette actrice est tout à fait crédible en jeune professionnelle naïve et un peu perdue. C’est un rôle qui lui sied à merveille;

♣ les colocataires mâles. Vingt minutes, c’est excessivement peu pour bien présenter quatre personnages, mais on réussit à avoir une idée de qui ils sont et j’ai eu envie de les connaître;

♦ les chansons impromptues. Jess aime ça, se créer des hymnes nationaux personnels. Ok, soyez honnêtes maintenant et avouez que vous faites ça, comme moi, mais dans votre tête? Non? Même pas des chansons que vous connaissez et qui vous rappellent une situation dans laquelle vous êtes? Vraiment? Ah bon;

♣ la chimie. Reste à voir si le réalisme de la série suivra, mais force est d’admettre que la scène du restaurant m’a fait pouffer de rire devant mon écran (ça et le douchebag jar). Ça n’aurait pas fonctionné sans cette chimie entre les personnages/acteurs.

Un point faible, à présent : il est fort possible que les fans de Big Bang Theory trouvent que l’émission est un genre de copie… mais avec trois gars pas-geek et une fille un peu plus dans la lune. Il faudra voir si la série prend son envol. À surveiller, donc. J’y reviendrai dans un mois ou deux!

Clotaire Rapaille, l’opéra rock… au Zoofest

On est en 2045. Le Québec est indépendant et ses différentes provinces ont soif de popularité, de succès. Clotaire Rapaille est emprisonné, mais tout juste avant sa mise à mort [apparemment, on a renoué avec la peine de mort? Hum hum.], il réussit à s’en sortir.

Il ira donc offrir ses services à nos belles provinces : le Sherbrooke, le Granby, le Victoriaville, le Longueuil… ce qui s’ensuit est une kyrielle de rebondissements, tous plus drôles les uns que les autres. D’une absurdité décapante. Victoriavillopolis, vous connaissez? La ruée vers l’or blanc? Non? Si Clotaire fait un tour par chez vous, courez le voir. C’est jouissif.

La première heure est plus hilarante que la seconde, soit, mais on rit quand même jusqu’à la fin. Les dialogues de ce spectacle sont comiques à s’en taper sur les cuisses. L’absence de décor ou de costumes ne se fait jamais sentir, tant les acteurs sont convaincants (Tout particulièrement Virginie Morin. Absolument géniale, cette fille!) et l’action se déroule rapidement.

Autre point très fort du spectacle, toutes les chansons sont entraînantes et livrées avec aplomb. Navet confit a fait un travail sublime pour la musique de cette « pièce musicale ». On souhaite de tout coeur un CD ou, à tout le moins, une version numérique!

Malgré tout l’humour présent dans le spectacle, un message ressort de cet « opéra rock » : si on croit ce que l’on nous dit sans se poser assez de questions, ben, inévitablement, on se fait fourrer. Dans le même ordre d’idées, « hon, j’ai pas fait exprès, donc je n’ai pas à me sentir responsable », ce n’est pas acceptable et ça ne devrait pas l’être non plus. Il faut assumer les conséquences de nos actes, dans la vie. Difficile de s’obstiner avec ça, non?

Bridesmaids ou comment être encore plus heureux un beau soir d’été

Kristen Wiig n’est pas ce qu’il conviendrait d’appeler un sex symbol. Enfin, pas au sens où on l’entend habituellement. Et pourtant… elle est tellement hilarante, dans ce film!

Récapitulons : Annie (Wiig) est une jeune trentenaire à qui la vie ne sourit pas vraiment au moment où le film commence. Elle vient de perdre son entreprise de pâtisserie, son petit ami l’a larguée en même temps que l’entreprise a piqué du nez, elle est forcée d’habiter avec deux jeunes post-ados particulièrement fatigants et sa fréquentation ne se donne même pas la peine de faire semblant de la respecter. Bref, ça va mâl.

Ce qui lui donne envie de se lever le matin : son amie Lillian, avec qui elle peut toujours rire et s’amuser. Lillian se fiance au début du film et demande à Annie d’organiser son mariage et d’être une de ses filles d’honneur. Celles-ci seront six (toutes des amies de la mariée) et s’occuperont de gérer shower, enterrement de vie de fille et mariage. Seulement voilà, une de ces amies est aussi très, très proche de Lillian et donnera l’impression à Annie que la dernière bonne chose de sa vie s’évapore, ce qui la poussera à agir de façon, disons, discutable. Bien sûr, en parallèle, on a aussi l’histoire de Mr Right qui arrive dans la vie d’Annie et bla bla bla.

Ce qui est intéressant, c’est surtout la dynamique entre les six filles. C’est ce qui nous donne les meilleurs moments du film. D’ailleurs, Melissa McCarthy vole la vedette dans toutes les scènes où elle est présente en Megan, soit la fille qui n’a peur du jugement de personne et qui va secouer Annie. Enfin,  juste assez.

C’est un film aux dialogues savoureux, avec plein de blagues très drôles, qui peut nous rappeler que quand la vie nous fout une raclée, il ne faut jamais baisser la tête, mais plutôt lui donner un coup de pied dans les gosses. Ne pas se laisser abattre, en somme. Même si on aimerait que la fin de cette comédie, comme pas mal toutes les comédies faites au-dessous des Grands Lacs, soit un brin moins convenue, on passe un maudit beau moment avec ces filles-là. Et ça fait du bien.

Freaks and Geeks : aren’t we all?

“You know who used to cut class? Jimi Hendrix. You know what happened to him? He died. Choking on his own vomit.”
-Le père

Dix-huit épisodes de 44 minutes dans lesquelles on a encapsulé un peu de tout ce qui compose l’adolescence.

Ladies and gentlemen, I give you… Freaks and Geeks!