Surviving Progress (Yes, We Can)

En moins de 90 minutes, ce film réussit à démontrer à quel point l’économie mondiale du 21e siècle, ça ne tient pas debout. Du tout.

Le film s’inspire du livre A Short History of Progress, de Ronald Wright. Celui-ci explique que si l’on considère les 5 000 dernières années de l’évolution (soit la « civilisation moderne ») dans l’ensemble de la vie humaine, celles-ci ne représentent que 0,2 % de toute notre vie sur Terre. En ce sens, on peut considérer cette civilisation comme une expérience. Qui fonce tout droit vers un mur, si on n’en change pas la route, évidemment. Le film s’attarde donc à notre mode de vie présent, tout particulièrement au système économique, qui favorise une toute petite partie de la population et lui permet de s’en mettre plein les poches. En siphonnant les ressources de la planète. Sans vergogne.

Le film explique aussi à quel point on a de la difficulté à améliorer le sort de l’humanité en raison de la nature humaine, qui veut toujours ce qu’il y a de mieux : le meilleur toit possible, la meilleure voiture, les meilleures technologies, la meilleure nourriture, soit la plus diversifiée et la plus abondante possible…

À ce compte-là, y’en a pas assez pour tout le monde. C’est simple et indéniable. De toute façon, un système qui permet à une minuscule minorité de jouir de la vie et qui force les autres à vivre moyennement bien ou carrément mal, c’est amoral. Indéfendable.

So, what now? On fait quoi? On colonise Mars? On investit tout ce qu’on a dans la biologie synthétique? Ou alors on se penche sur l’économie, on arrête les brigands et surtout, on relativise les choses. On fait les choix qui s’imposent. On accepte de ne pas vivre dans des maisons de 12 pièces sur trois étages. On arrête l’étalement urbain. On commence à protéger les ressources naturelles. On pense aux autres. On mange à notre faim, mais juste à notre faim. On distribue mieux ce qu’on a. Là, y’en aurait un peu plus pour tous. C’est pourtant pas si compliqué. Un autre monde est possible. Ça commence par les choix qu’on fait, comme sociétés et comme individus. Comprendre que c’est plate, mais que c’est pas parce que les Occidentaux travaillent fort qu’ils méritent une plus grande part du gâteau qu’un citoyen du Congo, par exemple.

Surviving Progress n’est pas qu’un excellent documentaire. C’est aussi (et surtout) une oeuvre positive et encourageante. Énergisante.

À voir ce soir (samedi 15 octobre) au Quartier latin, 17 h, dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Prendra l’affiche à Québec et à Montréal le 4 novembre prochain.

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