Les creux d’un rêve

La description du spectacle comprise dans le programme était très honnête : danse, théâtre, musique et party d’appartement (genre de!). Très franchement, c’est exactement ça. Sauf que le problème de cette création, c’est ça aussi : la séparation entre les divers éléments. L’absence d’unité. La vidéo présente au début de ce billet donne un excellent aperçu du spectacle.

Commençons par le commencement : les sièges sont disposés de façon à donner l’impression que nous sommes dans un genre de grand salon. On nous donne un verre de vin. C’est le printemps. Sympathique. Puis, ça commence, au son de la voix de David Usher qui reprend ses plus vieux succès solo (!)…

Les numéros les plus intéressants sont indéniablement ceux où se mêlent la musique live et la danse contemporaine. Étant donné que l’esprit général recherché est celui d’un party, les mouvements de danse s’y adaptent. Certains des danseurs sont beaucoup plus solides que d’autres, par contre.

Les éléments théâtraux et les projections s’intègrent plutôt mal au reste. Bien entendu, les créateurs du spectacle ne recherchaient pas l’unité et la cohérence. Ça n’empêche malheureusement pas le fait que le sens de toutes les petites saynètes qui entrecoupent les morceaux musicaux (tout comme les quelques projections vidéo) est très difficile à trouver. Comme il n’y a aucun lien entre ces intermèdes théâtraux ou vidéo, ni entre le reste de la production, on perd graduellement l’envie de comprendre à quoi ils servent.

À la toute fin, les danseurs viennent chercher des spectateurs à leur siège et les entraînent dans la danse. Je suppose que l’objectif premier des auteurs était de déclencher une sorte de « communion » entre le public et les interprètes. Il manque toutefois un liant dans cette pièce pour que la sauce prenne.

Finalement, le sentiment général qui se dégage de cette représentation est que les interprètes avaient envie de s’amuser, de créer sans s’imposer de limites. C’est chouette, éminemment sympathique et ça rappelle le printemps (j’insiste un peu là-dessus, je sais, mais le feeling général que j’ai retiré de la soirée, c’est la célébration de cette nouvelle saison). Cependant, si vous aimez qu’un spectacle vous fasse réfléchir ou si vous préféreriez vous faire raconter une histoire, mieux vaudrait passer votre tour.

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Les creux d’un rêve, à La Chapelle jusqu’à samedi (2 avril).

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