The Descendants

Dans The Descendants, George Clooney incarne Matt King, riche héritier d’une famille de Hawaii. Au tout début du film, on apprend que sa femme a eu un accident de bateau et qu’elle est dans le coma. Par la suite, on apprend avec lui que l’état de santé d’Elizabeth (sa conjointe) n’est pas ce qu’il souhaiterait qu’elle soit, tout comme le reste de leur vie commune. Matt essaiera tant bien que mal de ressouder sa vie de famille avec ses deux adolescentes de filles (une préado et une adolescente), qui n’auront d’autre choix que de maturer plus vite que prévu.

La force du film réside principalement dans la profonde humanité des personnages, humanité que les acteurs nous font très fortement ressentir.  Chaque personnage évolue également énormément en raison du drame qui est présenté dans le film. C’est très chouette pour le spectateur de constater cette évolution. Alexandra, la plus âgée des deux filles de Matt et Elizabeth, changera beaucoup entre le début et la fin du film. Elle tentera d’aider son père avec Scottie, la plus jeune, qui est très « bébé gâté » au départ.

Malgré le caractère très dramatique du film, de nombreux dialogues et situations nous font pouffer de rire. Notons finalement que la quête du personnage principal nous entraînera d’un bout à l’autre d’Hawaii, ce qui permet de nous présenter les splendides paysages de cet État. Même si Hawaii est une vedette dans le film, les deux acteurs principaux (George Clooney et Shailene Woodley) sont vraiment ceux qui crèvent l’écran.

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Monsieur Lazhar : du LypSyl® en images

Parfois, il y a des films qui viennent mettre un baume sur nos coeurs. Monsieur Lazhar, dans mon cas, a très certainement été de ceux-là.

Loin d’être un feel-good movie, le long-métrage commence assez abruptement, alors qu’une enseignante de 6e année choisit de s’enlever la vie. Après ce naufrage, les vagues se feront ressentir dans toute l’école, mais (évidemment) particulièrement auprès de ses élèves. Un nouvel enseignant, le M. Lazhar en question, prendra les élèves sous son aile afin de leur enseigner la matière de leur année, oui, mais il tente aussi de les guider dans une période un peu traumatique de leur vie.

Ce qui fait le charme du scénario, c’est tous les petits moments de tendresse entre plein de personnages. Évidemment, ça reste un film de fiction, mais on se doute bien qu’il y en a, dans la vraie vie, des moments sincères de respect et d’appui entre des personnes tels que ceux qui sont dessinés dans le film. Les écoles primaires doivent d’ailleurs regorger de ce genre de moments.

La direction d’acteurs est très réussie, particulièrement celle des jeunes, qui sont tous crédibles dans leurs rôles. L’adaptation de la pièce Bashir Lazhar en scénario de film est très bien réussi. Philippe Falardeau s’impose de plus en plus comme un de nos meilleurs cinéastes. Même si le film ne manque pas de scènes tristes, il nous rappelle que l’homme est parfois capable du meilleur, pas seulement du pire. Et ça, on ne peut pas le rappeler assez souvent.

Mésaventures cinématographiques

Bon. Alors, on va régler quelque chose tout de suite : Immortals, c’est assez ordinaire. Voilà, c’est dit. Si vous vous trompez de salle lors de votre prochaine sortie au cinéma, je vous souhaite de ne pas tomber là-dessus.

Tout bien considéré, cette méprise m’a tout de même permis de faire quelques constatations :

– Kellan Lutz n’est pas tant un acteur qu’une jolie parure;

– le 3D, ça ne sert absolument à rien. Tut tut tut, à RIEN, je vous dis. Bon, ok. Dans ce film, ça ne servait à rien, mais dans d’autres films, ça peut apporter beaucoup (Pina, par exemple);

– Mickey Rourke, lorsqu’on fait un gros plan sur sa face, il a des airs de Kadhafi;

– les abdos de Henry Cavill doivent bien valoir 12,75 $;

– pour refroidir n’importe quelles brutes qui menacent de se taper dessus, brandissez une photo de femme nue. Retour au calme garanti.

Surviving Progress (Yes, We Can)

En moins de 90 minutes, ce film réussit à démontrer à quel point l’économie mondiale du 21e siècle, ça ne tient pas debout. Du tout.

Le film s’inspire du livre A Short History of Progress, de Ronald Wright. Celui-ci explique que si l’on considère les 5 000 dernières années de l’évolution (soit la « civilisation moderne ») dans l’ensemble de la vie humaine, celles-ci ne représentent que 0,2 % de toute notre vie sur Terre. En ce sens, on peut considérer cette civilisation comme une expérience. Qui fonce tout droit vers un mur, si on n’en change pas la route, évidemment. Le film s’attarde donc à notre mode de vie présent, tout particulièrement au système économique, qui favorise une toute petite partie de la population et lui permet de s’en mettre plein les poches. En siphonnant les ressources de la planète. Sans vergogne.

Le film explique aussi à quel point on a de la difficulté à améliorer le sort de l’humanité en raison de la nature humaine, qui veut toujours ce qu’il y a de mieux : le meilleur toit possible, la meilleure voiture, les meilleures technologies, la meilleure nourriture, soit la plus diversifiée et la plus abondante possible…

À ce compte-là, y’en a pas assez pour tout le monde. C’est simple et indéniable. De toute façon, un système qui permet à une minuscule minorité de jouir de la vie et qui force les autres à vivre moyennement bien ou carrément mal, c’est amoral. Indéfendable.

So, what now? On fait quoi? On colonise Mars? On investit tout ce qu’on a dans la biologie synthétique? Ou alors on se penche sur l’économie, on arrête les brigands et surtout, on relativise les choses. On fait les choix qui s’imposent. On accepte de ne pas vivre dans des maisons de 12 pièces sur trois étages. On arrête l’étalement urbain. On commence à protéger les ressources naturelles. On pense aux autres. On mange à notre faim, mais juste à notre faim. On distribue mieux ce qu’on a. Là, y’en aurait un peu plus pour tous. C’est pourtant pas si compliqué. Un autre monde est possible. Ça commence par les choix qu’on fait, comme sociétés et comme individus. Comprendre que c’est plate, mais que c’est pas parce que les Occidentaux travaillent fort qu’ils méritent une plus grande part du gâteau qu’un citoyen du Congo, par exemple.

Surviving Progress n’est pas qu’un excellent documentaire. C’est aussi (et surtout) une oeuvre positive et encourageante. Énergisante.

À voir ce soir (samedi 15 octobre) au Quartier latin, 17 h, dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Prendra l’affiche à Québec et à Montréal le 4 novembre prochain.

Spécial 2 pour 1 : Festival du nouveau cinéma et Coup de coeur francophone

Festival du nouveau cinéma, du 12 au 23 octobre 2011

Octobre 2011 : la plus belle saison du monde est arrivée! Avec elle, des festivals-bonbons. Le meilleur festival de films de Montréal (à mon humble avis), le Festival du nouveau cinéma, commence dans moins d’une semaine.

Je pourrais vous faire une longue liste interminable de films à ne pas manquer au festival cette année… mais vraiment, vous gagnerez à explorer la programmation et à faire vos propres choix. L’élément clé au sujet du Festival du nouveau cinéma, c’est que les films en compétition (Sélection internationale) doivent être des 1ers, 2es ou 3es longs métrages. Ici, on cherche à identifier qui sont les cinéastes de demain.

Il y a également la section Panorama international, qui célèbre des films très réussis, à l’échelle mondiale, la section Présentation spéciale, qui permet de voir les films qui ont fait jaser durant l’année (si vous cherchez les films qui ont fait sensation à Cannes, par exemple, allez voir là), comme Melancholia de Von Trier et La peau que j’habite d’Almodovar.

La sélection Focus regroupe les métrages québécois et canadiens sélectionnés (Survivre au progrès a l’air génial), tandis que la section Temps Ø, de son côté, rameute des films éclatés, qui osent (si vous tripez Fantasia, il y a fort à parier que c’est cette section qui vous intéressera le plus). Cette année, on y trouve entre autres Tatsumi d’Eric Khoo, de même que Hara-Kiri, de Takashi Miike.

Finalement, une petite section appelée P’tit loups comprend des films jeunesse et la section FNC Pro présente des conférences, qui s’adressent principalement aux professionnels de l’industrie.

Je crois que ce festival est le meilleur festival de films de Montréal en raison de ses catégories, qui sont si bien définies, ainsi que de la force de ses programmateurs, qui réussissent à aller chercher les meilleurs films qui sont faits à l’international.

Tarifs

Billet individuel : 10 $

Étudiants et aînés : 8 $

2 pour 1 carte Opus ou Allô Stop : 10 $

Carnet de 6 billets : 50 $

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Coup de coeur francophone, du 3 au 13 novembre 2011

Que ce soit pour découvrir les nouveaux talents d’ici, ou encore pour voir un artiste qu’on aime en spectacle, le festival Coup de coeur Francophone s’impose de plus en plus.

Vous trouverez la programmation ici. Autrement, voici mes coups de coeur personnels.

– Lancement du nouvel album d’Éric Goulet (Monsieur Mono lui-même), le 7 novembre au Monument national. Entrée libre.

– Daniel Hélin et Paul Piché, le 12 novembre au Lion d’or.

– Marie-Jo Thério et Richard Desjardins, le 8 novembre à l’Astral.

– Danse Lhasa danse, le 12 novembre à la 5e salle de la Place-des-Arts.

– Éli et Papillon, Salomé Leclerc, le 12 novembre au Bistro in vivo.

– Philémon chante et Moran, le 4 novembre au Bistro in vivo.

Voilà! Y’a plein d’autres trucs aussi au Divan orange entre autres… bonnes découvertes et surtout, bon automne!

Café de flore : musique, quand tu nous tiens!

Près de deux jours que j’ai vu Café de flore. Je crois que c’est un film qui amène la réflexion; partager mes impressions à froid ne me semblait pas une bonne idée.

Tout d’abord, il convient d’affirmer que Jean-Marc Vallée est un virtuose de l’utilisation musicale dans ses films. Plus encore que dans C.R.A.Z.Y., où la musique faisait partie du processus d’acceptation de soi du personnage principal en quête d’identité, la musique occupe un espace capital dans Café de flore. Elle est ce qui relie les deux époques, elle est ce qui unit des personnages et en sépare d’autres. Le réalisateur s’est aidé en faisant du personnage principal un DJ montréalais, ce qui permet que la musique ait une place prépondérante dans sa vie et dans celle de son entourage. Ce côté-là ne pourrait être plus réussi.

Montréal, 2011 : un DJ bien en vue est fou de désir pour sa nouvelle blonde. Cependant, il vit une certaine culpabilité face à la mère de ses enfants, qu’il a quittée après une vingtaine d’années de vie commune.

Paris, 1969 : Jacqueline élève seule son fils trisomique. Entre eux, l’amour filial devient carrément fusionnel. Avec tout ce que cela comporte de sain et de malsain.

Du côté de l’interprétation, notons le remarquable travail de Kevin Parent, à qui il est difficile de reprocher quoi que ce soit dans ce film. Vanessa Paradis, en mère courage des années soixante, est tout aussi convaincante. Et que dire de Marin Gerrier, l’acteur qui joue son fils! À lui seul, ce petit bout d’homme constitue une excellente raison d’aller voir Café de flore.

En ce qui concerne les deux autres femmes… le problème ne vient pas de leur jeu, sur lequel je n’ai absolument rien à redire, mais se situe plutôt dans la psychologie des personnages. Mon petit malaise face au film vient du fait qu’on a trop peu de détails sur la personnalité des personnages pour évaluer correctement ce qui est quoi dans le scénario. 

Si l’on accepte la prémisse fantastique du film, ça va, c’est tout joli. Mais si on transpose tout ça dans la réalité… il y a lieu de se demander où s’arrête l’amour et où commence la dépendance affective.

Vous aurez compris que Café de flore est un film qui mérite d’être vu, pour en apprécier la musique, pour se laisser emporter l’esprit un peu… et pour nous pousser à réfléchir.

Là-dessus, je vous laisse, je dois aller mettre du Sigur Rós dans mon iPod!

Tous les soleils (retour de pause estivale…)

 

Ce qui fait le charme de Tous les soleils, c’est la panoplie de personnages secondaires attachants qu’on y rencontre. Sans oublier l’accent d’Alessandro et les paysages de Strasbourg…

Sandro est un professeur de musique baroque qui vit avec sa fille Irina, en pleine crise d’adolescence (disons crisette, parce qu’elle ne rue pas trop dans les brancarts, quand même). Ce passage vers l’âge adulte est particulièrement difficile pour ce monoparent, qui a perdu sa conjointe peu après la naissance de leur fille. Sandro héberge également son frère, un excentrique qui vit un peu/pas mal dans son propre monde rempli de révolutions à mener et surtout, de rébellions à réaliser. Cette famille d’origine italienne vit plusieurs tensions au moment du film.

Le personnage de Sandro est intéressant, parce qu’il est, je crois, plus facile d’imaginer une mère pour qui rien n’existe sauf le bien-être de son propre enfant. Et ce bien-être qu’il imagine faire le bonheur de sa fille, il ne concorde plus avec la réalité ambiante, ce qui est source de conflits. En fait, Sandro entreprend de moult activités, mais aucune ne le comble réellement; un peu comme s’il restait toujours le même nuage sur son coeur (parenthèse entre parenthèses : je sais que la comparaison est fleur bleue, mais je ne trouve rien de mieux dans le moment). La jeune Irina, brillante et mature pour son âge, fait preuve d’une grande ludicité et, même si elle se fâche parfois, d’un grand amour pour son père.

Le verdict : Tous les soleils n’est pas un grand film, loin s’en faut, mais on passe un très agréable moment plongés dans la vie de ses personnages. Le film a une âme qui réussit à toucher la nôtre.